Après un mot d’accueil de Véronique Bounaud – Responsable du Pôle accompagnement santé et Coordinatrice du Conseil local en santé mentale (CLSM), l’assemblée plénière 2021, s’est tenue le vendredi 26 novembre au CH Laborit.

Ouverture de l’Assemblée

Christophe Verduzier – Directeur de l’hôpital, le Dr Damien Heit, Président de la CME, qui se présentait suite à sa nomination en juin dernier,  Coralie Breuillé-Jean, Vice-Présidente du CCAS de Poitiers, adjointe aux solidarités, action-sociale et santé, ont introduit l’Assemblée plénière ont introduit l’Assemblée avec Madame Trueba De La Pinta – Directrice départementale de l’ARS Nouvelle-Aquitaine (DD 86), qui a rappelé “l’engagement de l’Agence dans les travaux du CLSM au bénéfice de la prise en charge de la santé mentale“.

Le Conseil local en santé mentale

  • Le CLSM est une plateforme de concertation et de coordination.
  • Il est porté par de nombreux acteurs : élus locaux, secteur psychiatrique, professionnels de santé, acteurs sociaux et médico-sociaux et sanitaires, usagers des services de soins, aidants et tous les acteurs locaux concernés (bailleurs, éducation, justice, police…).
  • Au service de la promotion de la santé mentale et de l’inclusion des personnes vivant avec des troubles psychiques.

L’objectif du CLSM de Poitiers est l’amélioration des parcours de vie et de santé des personnes vivant avec des troubles psychiques.

La politique de santé mentale doit être mise en œuvre avec la participation de tous les acteurs de la cité.

56 structures partenaires

Présentation des travaux 2020-2021 du CLSM

Des actions concrètes sont organisées telles que la participation aux Semaines d’Information sur la Santé Mentale. Cet événement national s’adresse à tous les habitants et acteurs du territoire. Son principal objectif est d’informer et sensibiliser en proposant des espaces de rencontres, d’échanges et de partage d’expériences pour sensibiliser le grand public aux questions de santé mentale.

Lutte contre la stigmatisation

Michèle Lardière – secrétaire de l’Association Au Bonheur du GEM a présenté les actions du GEM menées pendant les Semaines d’information sur la santé mentale (SISM) avec l’exposition de Tricot urbain au Musée Sainte Croix ou encore l’exposition #Les Droits au LM Café en centre-ville de Poitiers.

L’occasion pour Michèle Lardière, de rappeler l’importance des travaux menés en commun et la qualité des échanges entre partenaires.

Congrès national de la Société française de Santé publique

Le congrès s’est déroulé du 13 au 15 octobre à Poitiers avec 3 temps de travail consacrés à la santé mentale.

Voir la vidéo du Congrès

Différentes études (Inserm, AP-HP, Santé publique France…) ont été présentées au cours d’un premier atelier, consacré au thème “Santé mentale et Covid-19” et modéré par l’EHESP et le CCOMS.

Confinement vôtre

Véronique Bounaud a présenté lors d’une matinée spéciale le projet “Confinement vôtre” orchestré pendant la crise sanitaire par le CCAS, le CH Laborit et la troupe de théâtre “Il n’y a pas que les flamands roses qui savent jouer du violon”.

Une manière drôle, détournée mais sérieuse de prendre soin de santé mentale en période de confinement.

Le cabaret santé mentale

Le CLSM de Poitiers a proposé la 4ème édition de son Cabaret santé mentale lors du Congrès national de la SFSP au Futuroscope.

Un cabaret d’improvisation théâtrale en santé mentale, qui s’adresse au grand public, où l’on déconstruit joyeusement les idées reçues sur la psychiatrie à l’aide d’une troupe de théâtre et d’un psychiatre, le Dr Nicolas Borderes.

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Les mécanismes de la stigmatisation

Une table-ronde consacrée à la stigmatisation a ensuite permis d’évoquer ses différentes dimensions : au niveau de la société, pour qui la folie est largement associée aux faits-divers, au niveau des professionnels de soins en général, pour qui la spécialité est nettement déconsidérée et au niveau des professionnels de la santé mentale.

Animée par Yves Pétard – Président de l’Unafam de la Vienne, les objectifs de la table-ronde étaient d’expliquer les mécanismes de la stigmatisation, montrer ses conséquences (jusqu’à l’auto-stigmatisation) et celles sur le soin (y compris la stigmatisation de la psychiatrie) pour conclure et aborder les stratégies de lutte contre la stigmatisation.

Jennifer Schul – Dr en psychologie sociale a ouvert les échanges de cette table-ronde, en partageant plusieurs études et constats menés pendant sa thèse à GRDF.

Julie Jadeau, Médiatrice de santé pair (MSP) au CH Laborit, a témoigné et pointé la fragilité des diagnostics en psychiatrie. L’intégration des MSP dans les équipes de soins figure d’ailleurs parmi les solutions identifiées pour destigmatiser la santé mentale.

Le Dr Sylvie Peron, psychiatre, a insisté sur la formation des médecins généralistes et autres spécialités : “Ils devraient au moins faire un stage en psychiatrie, sachant que les troubles psychiques représenteront ensuite 20% de leur patientèle.

Ensuite, Aude Caria – directrice du Psycom, a présenté, entre autres, le GPS Anti-stigma, outil qui aide les acteurs à s’auto-évaluer pour agir contre la stigmatisation.

Découvrir Psycom “Le site d’informations sur la santé mentale”

“Les Villes ont un rôle déterminant à jouer”

Léonore Moncond’huy – Maire de Poitiers

Madame la maire de Poitiers, Léonore Moncond’huy, a conclu la table-ronde en ces termes :

La jeunesse et l’enfance sont des cibles prioritaires pour nos actions en matière de santé mentale. L’éco-anxiété est une bombe à retardement dont nous devons nous occuper. (…) Les Villes ont un rôle déterminant à jouer : la prise en charge de la santé mentale est forcément sociale !Léonore Moncond’huy – Maire de Poitiers.

Premiers secours en santé mentale

Les PSSM sont l’équivalent en santé mentale, des gestes de premiers secours qui eux, apportent une aide physique à la personne en difficulté.

La formation PSSM proposée aux agents du CCAS à l’occasion des SISM, a été présentée grâce à un retour d’expérience à 2 voix par Dominique Roy – Formatrice PSSM et bénévole à l’Unafam 86 et Stéphanie Creuzaud – responsable du pôle accompagnement social du CCAS de Poitiers, qui a bénéficié de la formation.

La formation s’adresse à tous, chacun peut la suivre, à titre individuel. Elle ne demande aucun prérequis et une fois formé, chacun y gagne !” Dominique Roy.

Accompagnement des situations complexes

La cellule d’appui à l’accompagnement des situations psycho-sociales complexes a été présenté par Jean-Luc Pefferkorn – Directeur de la DAC-PTA et Grégory Bouiges – Cadre de santé au CH Laborit.

Jean-Luc Pefferkorn, Dominique Raffeneau – DAC-PTA86          Grégory Bouiges – CH Laborit

Actions en direction du public jeune

Les actions ont été présentées par Valérie Gustin-Moinier – Directrice petite enfance du CCAS de Poitiers.

Adaptation à la crise sanitaire

Marie-Estelle Dudit – Directrice de la maison de quartier de SEVE Saint-Eloi a présenté les protocoles et actions mis en place pendant la crise COVID.

Éclairage historique

L’équipe d’organisation avait sollicité l’intervention du Pr Hervé Guillemain de l’Université du Mans.
Historien français, ses travaux portent principalement sur l’histoire de la santé aux XIXe siècle et XXe siècle siècles, particulièrement dans le champ de la folie et de la psychiatrie. Il est professeur d’histoire contemporaine à l’Université du Mans et membre du laboratoire TEMOS CNRS 9016.

Il proposait une conférence intitulée : De l’asile à la prise en charge dans la cité. Une brève histoire des évolutions de la psychiatrie dans la 2e moitié du XXe siècle.

Voir le diaporama

Pr Hervé Guillemain de l’Université du Mans

Le Dr Damien Heit, a conclu la journée en saluant l’engagement de tous et les différents travaux présentés.

Le maillage des partenaires permet de répondre efficacement aux besoins de santé mentale du territoire au bénéfice de tousDr Damien Heit – Président de la CME du CH Laborit.

L’Assemblée plénière s’est terminée par la présentation des perspectives du CLSM pour l’année 2022 par Véronique Bounaud.

Je vais reprendre les propos de Michèle du GEM, tout à l’heure, à propos de ce que celui-ci leur a permis : « nous ne pensions pas cela possible ! » et « nous nous sommes sentis légitimés ».

Nous non plus, en 2014, quand nous avons proposé en 2014 la création d’un CLSM sur Poitiers, puis quand il a été installé en 2016, nous n’aurions pas osé espérer, en effet, qu’en 2021 nous aurions parcouru tout ce chemin :

  • Un partenariat qui s’élargit d’année en année entre acteurs d’horizons divers,

  • avec des interactions nombreuses, dans des configurations diverses, à 2, 3 ou davantage,

  • dans un vrai climat de confiance, permis par des réflexions croisées, approfondies sur la déontologie des informations à partager, par exemple ;

  • La conviction, semble-t-il également partagée, que nous avons trouvé un puissant antidote au découragement : ne rien cacher des difficultés, , MAIS ne pas en concevoir un sentiment d’impuissance, au contraire !

Ne sommes-nous pas là dans une parfaite illustration de la démarche de rétablissement :

  • un exposé sincère des diagnostics (rien que ce qu’il faut, mais tout ce qu’il faut !) ;

  • une identification des ressources disponibles, à l’échelle individuelle et collective ;

  • une pensée orientée solutions, et non arrêtée sur les obstacles ;

  • un espoir à cultiver au long cours .

En effet, devant la complexité des situations et des parcours de vie, chacun des acteurs pris isolément peut être menacé d’impuissance, car ne possédant qu’un bout de la clef de la solution ; ensemble, au contraire, nous pouvons disposer d’une clef susceptible d’être efficace !

Une question que je souhaite vous partager, enfin : comment ce climat de confiance, établi entre des personnes, peut-il irriguer la totalité des institutions qu’elles représentent (qu’elles soient constituées d’une petite dizaine de bénévoles, comme l’UNAFAM, ou de 1500 agents, comme Laborit) et ne soit pas affecté par l’éventuel départ d’un des participants? Un défi à relever !

Je vous remercie !

Yves Pétard

 Président UNAFAM 86