La SAS de Poitiers pour structure d’accompagnement à la sortie, est une structure nouvelle qui a vu le jour en septembre 2020 notamment grâce à une collaboration entre le CHU et le CH Laborit et un financement de l’ARS Nouvelle-Aquitaine.

Destinée à accueillir des personnes détenues condamnées à de courtes peines ou en fin de peine, la SAS est engagée dans une dynamique d’insertion. Elle propose notamment un accompagnement à la sortie et la préparation d’un projet d’insertion.
L’enjeu principal est de permettre aux détenus de retrouver une autonomie en les plaçant au centre de leur propre parcours de soin. Dans ce cadre, les détenus sont orientés vers des activités thérapeutiques qui sont des espaces propices à la médiation et aux rencontres.

Pilotée par le Dr Guillaume Davignon – responsable de la psychiatrie légale au CH Laborit et animée par une équipe pluridisciplinaire, la SAS de Poitiers développe de nombreuses activités thérapeutiques de groupes utilisant différentes médiations, comme le projet cinéma.

Être acteur pour modifier le regard

Le cinéma, de par ses composantes, met en jeu de nombreux items psychomoteurs comme les émotions, le corps en relation, la cognition et la mémoire ou encore la représentation de soi. La mission première de cet atelier est d’utiliser la vidéo comme moyen d’expression. D’un point de vue thérapeutique, cette rencontre permet la découverte de l’altérité, de la valorisation de soi-même, la diminution de l’isolement et l’accès au patient à une autre identité que celle de malade ou détenu. D’un point de vue artistique, l’objectif est de développer l’imaginaire, l’expression de soi et la projection de soi sur une personne. Cela sera aussi l’occasion pour les participants de réaliser un travail cognitif et manuel grâce à la manipulation de différents outils de prise de son et d’image, mais aussi la conception de décors et de costumes.

Le projet cinéma est orchestré par Basile Charpentier, psychomotricien au sein de la structure et actif dans le milieu cinématographique en Nouvelle-Aquitaine, ainsi que par Sonia Billy, infirmière. Ils ont créé un partenariat avec la société de production Hybrid Films, implantée à Poitiers depuis 2014. Hybrid Films produit des courts et longs métrages de fiction et s’occupe aussi de l’éducation à l’image pour divers publics.
Très motivés par le projet, les professionnels ont voulu transmettre leur passion de l’image et du son en racontant une histoire.

Sortie-Sèche

Amandine, Simon, Bahous, Jérôme et Alexandre, 5 personnes sous main de justice relevant de la SAS mais aussi du CMP Espace Vienne, se sont lancés dans l’écriture et la réalisation de « Sortie Sèche », un court-métrage qui évoque notamment la réinsertion et le retour au sein de la société.

Affiche du court métrage

1ère diffusion du court-métrage au TAP Cinéma le vendredi 8 juillet à 19h

L’histoire racontée est celle de Marius, un ancien taulard, comme il se décrit, qui cherche un emploi pour démarrer une nouvelle vie et surtout retrouver la garde de sa fille. Discriminé par son séjour en prison, Marius redécouvre le monde extérieur et se confronte à de nouvelles difficultés. Mais la vie lui réserve aussi de bonnes surprises et mettra sur son chemin une rencontre qui lui redonnera espoir…

Le scénario a été construit par les détenus autour de questions qui les réunit et les touchent. Chacun à participé à sa manière à l’élaboration de ce projet et a su trouver un rôle.

« La cohésion entre les détenus et les professionnels a été incroyable », décrit Sonia, infirmière, porteuse du projet avec Basile à la SAS.

Elle précise la volonté pour la SAS de leur donner la possibilité de tourner à l’extérieur pour les confronter à “autres chose”. La rencontre avec une équipe extérieure “bouleverse leurs codes” et c’est ce qui rend le projet d’autant plus intéressant.

L’acteur principal du court-métrage s’est réjouit de ce projet et de la richesse de ces rencontres pour les deux équipes. Il souligne l’implication des détenus dans leur projet et leur volonté de profiter de ces “moments précieux”.

“On ne s’imagine pas tout le travail derrière quand on voit ça à la télé” – Amandine

Les détenus, en plus de l’écriture, ont pu imaginer les décors, participer à la prise de son et d’image et veiller au respect du script. Après des mois de travail, ils ont hâte de découvrir le résultat et de présenter leur court métrage lors de projections.

A travers ce projet, l’équipe de la SAS de Poitiers souhaite montrer que la pleine responsabilisation des détenus dans leur peine carcérale est un enjeu clé pour leur réinsertion, surtout sur les fins de peine. De la même manière, ce projet permet le maintien d’un lien entre prison et société, primordial pour assurer l’inclusion sociale des détenus et pour opérer un changement de regard de la société sur les prisons.

1ère diffusion du court-métrage au TAP Cinéma le vendredi 8 juillet à 19h