Art-thérapie au CH Laborit

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Intégrés au projet médical, l’art-thérapie fait partie intégrante des soins de support.

Depuis de nombreuses années, Catherine Dejoie, art-thérapeute au CH Laborit propose des séances pour les patients adultes au CMP Boncenne.
La valeur ajoutée de l’art-thérapie dans le parcours de soins n’est plus à démontrer, «les patients oublient, l’espace d’une séance la maladie et ces temps dédiés leur permettent de découvrir ou redécouvrir leur processus créatif », explique l’art-thérapeute.

Un peu d’histoire

La pratique de l’art-thérapie à débuté en France dans les années 50 avec les travaux scientifiques réalisés à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris. Elle est enseignée à la faculté depuis 1986.

Dans l’art-thérapie, il y a deux concepts étroitement liés :

  • Celui de « l’art », en tant qu’expression d’un talent,
  • Celui de la « thérapie », qui renvoie au champ du soin.

L’art-thérapie est donc un soin. Mais ce n’est pas l’art qui soigne, pas plus que le talent ou l’aptitude à savoir peindre, écrire ou modeler…Ce qui soigne, c’est tout simplement de retrouver le plaisir de créer et de renouer ainsi avec le mouvement naturel de la vie. C’est aussi et surtout la verbalisation de ce que l’on a traversé émotionnellement pendant la séance, émotions et expériences singulières qui sont à mettre en lien avec l’histoire propre de chacun.

Ce soin est particulièrement indiqué pour des personnes peu enclines à verbaliser leurs émotions.


L’art-thérapie aide le patient à retrouver confiance en lui ; par la création d’une œuvre, il retrouve la possibilité de faire des choix (sujet, couleurs, supports,…). Elle permet de créer un espace temps dans lequel le patient oublie sa maladie, ses angoisses, son stress et/ou les expriment. Les séances permettent aussi aux usagers de refaire du lien entre eux, de renouer à la communication, tant en atelier au CMP que pendant les sorties organisées : musée, pique-nique, visite d’expo ou de jardins.

« Le patient acteur-créateur » au CMP Boncenne

C’est au fil des rencontres avec l’art-thérapeute que se tisse le profil des séances dont le patient va être l’acteur créateur. En fonction du moment, de l’actualité, de l’humeur du patient, le cadre de l’atelier sera défini de façon personnalisé : durée des séances, mode d’expression (collage, peinture, modelage, écriture,…)…
Un climat de confiance, de bienveillance, de confidentialité entoure ce temps : ce qui soigne n’est pas vraiment l’objet créé, même s’il y a une vraie fierté des patients autour de leurs réalisations, mais le processus créatif dans lequel il s’inscrit.

Une alternative à la psychothérapie classique

Les séances sont prescrites par l’équipe médicale et l’art-thérapeute, propose ensuite aux patients des thématiques et des matières en guidant leur choix. Elles se déroulent en groupe, souvent dans la salle dédiée du CMP Boncenne mais aussi parfois à l’extérieur. « Il y a souvent une crainte du monde extérieur et du regard des autres mais la dernière sortie nous a emmené au musée Sainte-Croix et au restaurant en centre-ville de Poitiers, pour le plus grand plaisir des patients », se réjouit Catherine Dejoie.

Sur un plan quantitatif, ce sont entre 4 et 5 patients qui sont pris en charge sur chaque séance. Il est difficile de faire plus car ils ont tous besoin d’une attention particulière et d’un temps dédié.
L’infirmière animatrice connaît les patients depuis plusieurs années pour certains et un nécessaire climat de confiance s’est installé.


Quels que soient les médiateurs utilisés, les ateliers fonctionnent tous autour du même processus : la création pour expression.

Les quelques difficultés rencontrées se résument à des questions financières. Les projets sont souvent animés autour de la récupération et des bonnes idées et trouvailles de chacun.
D’ailleurs, l’art-thérapeute lance un appel pour récupérer des vieux calendriers, des cartes routières ou encore du tissu.

«Les bienfaits pour les patients et leur famille sont tels qu’ils nous poussent à poursuivre nos actions et à dénicher de nouveaux projets, de nouvelles idées» conclut Catherine Dejoie.

L’activité d’art-thérapie apporte :

  • Un moment de détente et de mieux-être,
  • Un moyen d’expression et de communication différent,
  • Un dérivatif à la maladie,
  • Une réponse novatrice aux besoins et attentes des patients,
  • Des relations « sécurisées » entre les personnes du groupe,
  • Un support pour une prise en charge de la souffrance psychologique intégré au parcours de soins cliniques.
2018-07-04T10:07:57+00:00 20 juin 2018|Soins, Vie de l'établissement|

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