Les participants de la première réunion du CLSM de Poitiers

Le conseil local de santé mentale (CSLM) a été installé lors d’une assemblée plénière le vendredi 1er juillet, à la mairie de Poitiers.

« La santé mentale et la rupture de soins sont trop souvent traitées en urgence, et non en termes de santé publique, a regretté Alain Claeys, député-maire de Poitiers, en introduction. Nous ne venons pas nous substituer aux domaines médicaux et médico-sociaux. Sur un sujet aussi complexe d’intégration citoyenne, il est de la responsabilité des élus d’être capables de jouer un rôle d’interface, c’est l’objet du conseil local de santé mentale. »

Impulsée en 2014 par l’Unafam 86, la création du CSLM s’inscrit dans un contexte national de développement de cette modalité de concertation (la France compte aujourd’hui 130 CLSM), mouvement que la nouvelle loi santé a souhaité amplifier. Au niveau local, l’Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine apporte tout son soutien en lançant un appel à projet pour la labellisation des CLSM. Il est à noter que seule la ville de Limoges a déjà instauré un CLSM en partenariat avec le CHS Esquirol.

Trois groupes de travail sur des problématiques prioritaires lancés dès la rentrée

Le premier conseil local de santé mentale à Poitiers

De gauche à droite : Yves Pétard (Unafam 86), Dr Christian Müller (EPSM de l’agglomération lilloise), Dr Sylvie Peron (CH Laborit), Alain Claeys (député-maire de Poitiers), Cécile de Bideran (ARS Nouvelle-Aquitaine), Emilie Saderne (CCAS de Poitiers).

Ce nouvel espace de concertation entre les acteurs du parcours de soins et de vie des personnes souffrant de troubles de santé mentale sur le territoire sera co-piloté par la Ville de Poitiers et le Centre hospitalier Laborit, par la voie d’une coordinatrice « partagée ».

Cette première séance a réussi le pari de rassembler des représentants des institutions (Agence régionale de santé, assurance maladie, police, pompiers, justice, etc.), des établissements sociaux et médico-sociaux, des professionnels de santé, des élus, mais aussi des usagers et de leurs aidants, des bénévoles et des habitants.

Pour la suite, chacun a été invité à s’engager dans trois groupes de travail, qui seront lancés dès septembre sur des problématiques identifiées comme prioritaires sur le territoire :

  • Comment permettre aux citoyens et aux professionnels de l’accueil et de l’accompagnement non spécialistes, de mieux comprendre les troubles psychiques et psychiatriques?
  • Comment permettre la fluidité des parcours de vie et de soins des personnes atteintes de troubles psychiques et psychiatriques ?
  • Comment accompagner les situations complexes? Crise, urgence, pluridisciplinarité ?

Retour d’expérience et perspectives du CLSM lillois

Le Dr Sylvie Peron, présidente de la CME du CH Laborit, a réaffirmé toute la volonté de l’hôpital de s’ouvrir vers l’extérieur, en rappelant les grandes démarches engagées depuis plusieurs années : la signature de plusieurs contrats locaux de santé (Poitiers, Châtellerault, Montmorillon) et d’une convention avec la MDPH, ainsi qu’une expérimentation de la mise en œuvre de charte nationale de partenariat entre la médecine générale et la psychiatrie de secteur, dans les cantons de Gençay et Civray.

« L’idéal demain serait un conseil local de santé unique », Dr Chistian Müller

La rencontre a enfin été l’occasion d’entendre le Dr Christian Müller, président de la conférence des présidents de CME de CHS en psychiatrie et président de la CME de l’EPSM de l’agglomération lilloise, exposer sous forme de retour d’expérience les réalisations du CLSM de Lille.

Le Dr Müller a insisté sur des thèmes clés tels que la déstigmatisation de la maladie mentale et psychique – via la formation des médias, en partenariat avec l’école de journalisme de Lille – mais aussi celui de la prévention et de la nécessité d’une coordination des actions entreprises. « Aujourd’hui, nos perspectives sont la création d’un forum citoyen, la définition de nouvelles thématiques prioritaires à traiter et la participation aux communautés psychiatriques de territoire. Nous avons à mener une mission de dé-psychiatrisation et de déstigmatisation : l’idéal demain serait un conseil local de santé unique, avec tous les acteurs autour de la table. »

Sigles et acronymes

CCAS : centre communal d’action sociale
CHS : centre hospitalier spécialisé
CLSM : conseil local de santé mentale
CME : commission médicale d’établissement
EPSM : établissement spécialisé en santé mentale
MDPH : maison départementale des personnes handicapées
Unafam : union nationale des familles et amis de personnes malades et/ou handicapés psychiques