A l’Unité de recherche clinique (URC) du CH Laborit, des chercheurs ont entrepris une vaste collecte de données sur les pratiques d’ECT en France, afin d’améliorer les indications et prises en charge.

Les chercheurs recrutent des participants, médecins et patients.

Introduite en France dans les années 1940, la sismothérapie, aussi appelée électroconvulsivothérapie (ECT ou autrefois électrochocs) peut être aujourd’hui indiquée dans certaines pathologies psychiatriques lourdes et pharmaco-résistantes. Elle consiste à provoquer une crise d’épilepsie au moyen d’un courant électrique transcrânien, sous anesthésie générale courte et curarisation. Si l’image de cette technique reste négative, elle se révèle pourtant un traitement efficace.

Selon les recommandations actuelles de l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé (Anaes) (1), la décision de recourir à l’ECT repose sur un examen approfondi du patient par le médecin psychiatre, qui vérifie l’échec ou l’impossibilité de recourir aux autres traitements disponibles. Des études contrôlées randomisées ont démontré l’efficacité thérapeutique et la rapidité d’action de l’ECT par rapport aux traitements de référence dans diverses maladies psychiatriques comme la dépression (2), la manie (3) et la schizophrénie (4). Toutefois le mécanisme d’action de l’ECT n’est pas entièrement connu. L’induction d’une crise d’épilepsie est nécessaire pour les effets bénéfiques, mais génère aussi des effets indésirables. Certains paramètres comme les agents anesthésiants, les paramètres de stimulation, et les médicaments peuvent influencer son efficacité d’action. Bien que l’ECT ne soit pas remise en cause, en France, aucun consensus n’existe actuellement sur le meilleur protocole d’application de ce soin.

Dans ce contexte et face à un grande hétérogénéité des pratiques, il parait essentiel de revoir les modèles de pratique contemporains pour maintenir et améliorer les recommandations de l’Anaes, qui datent de 1997 !

C’est la vocation de l’« Observatoire national d’électroconvulsivothérapie » portée par le Dr. Lévy-Chavagnat, psychiatre au CH Laborit.

« Ce projet a un double objectif : (1) identifier les procédures de soins par ECT en France et (2) développer la recherche pour évaluer et améliorer l’efficacité de ce traitement » explique le Dr Lévy-Chavagnat.

Pour cela, un suivi longitudinal de patients recevant des ECT est réalisé et les données de chaque participant restent confidentielles à tout moment. Actuellement, une trentaine de centres hospitaliers et établissements de soins participent à ce recueil de données, qui concerne environ 400 patients.

A terme, les chercheurs envisagent d’inclure 1000 participants. Résultats attendus courant 2023…

Tout praticien, ou tout patient, concerné par une activité d’ECT peut prendre prendre contact avec les personnes ressources de l’Observatoire : diane.levy@ch-poitiers.fr ou halima.rakhila@ch-poitiers.fr

Dr Diane Lévy-Chavagnat – psychiatre responsable de l’Observatoire ECT et Halima Rakila – Attachée de Recherche Clinique à l’URC du CH Laborit

En savoir plus : www.ch-laborit.fr/observatoire-ect

1–Agence Nationale d’Accréditation et d’Évaluation en Santé (ANAES). Indications et modalités de l’électrconvulsivothérapie. 1997.
2–ECT beyond unipolar major depression: systematic review and meta-analysis of electroconvulsive therapy in bipolar depression. Bahji A, Hawken ER, Sepehry AA, Cabrera CA, Vazquez G. Acta Psychiatr Scand. 2019 Mar;139(3):214-226. doi: 10.1111/acps.12994. Epub 2018 Dec 16.
3–Marked effect of ECT in the treatment of mania. Riis MG, Videbech PB. Ugeskr Laeger. 2015 May 11;177(20):2-6.
4–ECT in schizophrenia: a review of the evidence. Grover S, Sahoo S, Rabha A, Koirala R. Acta Neuropsychiatr. 2019 Jun;31(3):115-127. doi: 10.1017/neu.2018.32. Epub 2018 Dec 3.