Une équipe de France 3 Poitou-Charentes a passé une journée en immersion au cœur de l’unité de soins intensifs du Dr Damien Mallet : l’ASAP.

Reportage au Journal Télévisé 19/20h du mardi 31 mai avec en plateau, le Pr Ludovic Gicquel – Chef du pôle de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent du CH Laborit.

>Reportage à l’ASAP : 09:38 / Interview du Pr Gicquel : 13:52 (cliquer sur l’image)

L’ASAP : Une structure de soins innovante pour les adolescents suicidaires

Problème majeur de santé publique, les difficultés éprouvés lors de l’adolescence telles que les tentatives de suicide (TS) et plus globalement les comportements autoagressifs, troubles anxio-dépressifs ou bien encore la consommation de produits psychoactifs, condensent nombre de problématiques caractéristiques de l’adolescence, à savoir l’importance du passage à l’acte et de l’impulsivité, la question du rapport à la mort (donc au sens de la vie) et à la dépression, le retournement contre soi de l’agressivité, les attaques du corps propre et du cadre familial… Les facteurs qui concourent à cette augmentation sont tout autant individuels, familiaux que sociaux. Associées à ces facteurs de risque, une vulnérabilité psychique est régulièrement observée. Elle se concrétise alors au travers d’un passage à l’acte souvent brutal qui se caractérise à l’adolescence par son risque de récidive.

Concernant la récidive, lors d’une TS, la Haute Autorité de Santé stipule :« En effet, le taux de récidives après TS varie entre 10 et 40 % suivant l’âge. Elles surviennent dans 50 à 66 % des cas dans l’année qui suit la TS, d’autant plus fréquemment lorsque le suicidant est plus jeune, avec un risque maximal dans les 6 premiers mois et souvent avec une escalade dans les moyens employés ».

Le risque de récidive, notamment suicidaire, domine largement cette question des passages à l’acte à l’adolescence. C’est pourquoi une démarche d’évaluation rigoureusement définie est indispensable après toute difficulté rencontrée pour les adolescents et avant toute proposition thérapeutique.

C’est à ce titre, que l’équipe de la Clinique de l’adolescence du Pôle en psychiatrie de l’enfant et l’adolescent (PUPEA) au CH Laborit à Poitiers, a créé une structure de soins intensifs spécifique et novatrice prenant en charge les adolescent(e)s suicidaires dans la Vienne : l’ASAP.

“As soon as possible”

Ouverte le 4 janvier 2016, l’unité de soins intensifs de jour, ASAP pour Accueil et Soins des Adolescents en Psychiatrie, constitue une réponse rapide et dense à l’urgence de la crise dont témoignent les tentatives de suicide et les dépressions avec idées noires ou idées suicidaires.

Cette structure d’accueil s’inscrit dans un parcours de soins coordonné et fait immédiatement suite à la prise en charge par les services d’urgences de ces adolescent(e) et voit son action se prolonger par différents dispositifs d’aval relevant de l’offre de soin ambulatoire ou hospitalière (de jour ou temps plein). L’ASAP s’intègre en outre dans le cadre du parcours de l’urgence en amont qui comprend également le groupe Intermède au sein de l’unité de jour Mosaïque ou bien encore les Consultations de Semi-Urgence (CSU) au sein du CMP.

L’équipe pluridisciplinaire de l’ASAP prend en charge de façon la plus efficiente possible les adolescents dans leur difficulté et avec leur différence et de sorte à garantir une continuité de parcours. Elle invite les adolescent(e)s suicidaires et leur famille à se poser le temps d’une prise en charge dense, contenante et apaisante pour faire un état des lieux de « cette crise ».

Voir le Journal Télévisé (19/20 du 31 mai)