Le Dr Damien Doolub de l’URC du CH Laborit a été récompensé au Congrès de l’Encéphale pour ses travaux de recherche.

Compte tenu des contraintes sanitaires liées à la pandémie de COV1D-19 et notamment des difficultés de déplacement, il n’était pas possible de réunir physiquement l’ensemble de la communauté.
Le Congrès de l’Encéphale s’est donc réinventé et l’édition 2021 était 100 % digital afin que l’ensemble des psychiatres et professionnels de santé mentale francophones puissent y participer.

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La créativité était au cœur du programme comme le prouve le titre « L’imaginaire en action ».

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Comme chaque année, depuis plus de 15 ans, le grand Congrès de psychiatrie francophone propose une sélection de posters représentants des travaux de recherche innovants.

Ces travaux de recherche sont ainsi présentés à la communauté et un comité scientifique décerne des prix pour les meilleurs posters (Voir les lauréats).

Le Dr Damien Doolub, en collaboration avec le Pr Nicolas Vibert, le Dr Fabiono Botta, le Pr Bruno Millet, le Dr Ghina Harika-Germaneau et le Pr Némat Jaafari, propose un poster sur le Trouble Obsessionnel-compulsif (TOC).

Ses travaux de Recherche

Marqueurs cognitifs et résistance aux traitements du trouble obsessionnel-compulsif

Introduction :

Environ 50 % des patients atteints de TOC sont résistants aux traitements, mais les facteurs qui déterminent cette résistance restent mal connus.

Les patients ayant un TOC présentent des altérations de leurs capacités cognitives, notamment de leurs fonctions exécutives (FE).
Les modèles psychologiques (Friedman & Miyake – 2017) identifient 4 composantes principales de fonctions exécutives :

  • La mise à jour de la mémoire de travail (updating)
  • La flexibilité mentale (task-switching)
  • L’inhibition des réponses automatiques
  • L’inhibition des informations non pertinentes

Dans cette expérience, les chercheurs ont étudié les liens entre ces différentes composantes exécutives et la résistance aux traitements des patients, la sévérité de leur pathologie et leurs signes neurologiques mineurs (SNM).

La résistance aux différents traitements reçus a été évaluée sur le long-terme.

Méthode : 66 patients (37 femmes et 29 hommes) atteints de TOC ont été suivis de 1 à 30 ans.

Des tests comportementaux évaluant les composantes des fonctions exécutives, la mémoire de travail et les signes neurologiques mineurs, ont été effectués. La résistance aux traitements a été évaluée par 2 échelles.
Et 36 patients ont été comparés à des contrôles appariés en âge, sexe et niveau d’études pour toutes les fonctions exécutives.

Conclusion :
La résistance aux traitements était sans ambiguïté associée à une capacité inférieure des patients à inhiber les réponses prépotentes, telle qu’évaluée par le test de Stroop.

Ce test pourrait être utilisé en milieu clinique pour anticiper de manière simple la résistance aux traitements des patients entrants.

Son parcours

Le Dr Damien Doolub effectue son 1er semestre d’internat en 2013 dans le service du Pr Jaafari et découvre les travaux du Pr Jaafari sur l’Insight et en 2017 pour ses derniers trimestres de psychiatrie. Il poursuit un Master 1 et 2 de Recherche au CeRCA de l’Université de Poitiers sous la Direction des Pr Némat Jaafari – URC et Pr Nicolas Vibert – Directeur de laboratoire du CeRCA et Directeur de recherche au CNRS.
Damien Doolub est doctorant au CNRS et présente deux thèses, une de Sciences (en cours) à l’Université de Poitiers, en psychologie cognitive expérimentale et une de Médecine.
Le poster récompensé est un résumé de celle de Médecine (2018).

« Mes deux sujets de Recherche sont complémentaires et ils convergent vers l’amélioration des soins au patient » précise le Dr Doolub.

Il y a plusieurs définitions du TOC et elles ne sont pas très claires. Les TOC sont des maladies très difficiles à traiter, environ 40 à 60 % des personnes sont résistantes aux thérapeutiques.
Nous nous sommes basés sur une définition un peu plus large, où l’on décrit la résistance clinique (appréciation du médecin et du patient) et la résistance à partir des médicaments psychotropes que chaque patient a eu pour traiter le TOC.
Ses recherches sont basées sur les travaux des Pr Jaafari et Vibert depuis 2009.

En plus des tests, on ajoute l’Insight de la pathologie du TOC chez les patients au moment du test, et en fonction de la sévérité de la pathologie et des signes neurologiques mineurs (tests sur l’état clinique et neurologique du patient.

Cet ensemble de mesures permet de voir la personne de façon globale : au niveau cognitif, psychologique, neurologique, la clinique, au niveau des traitements et de sa résistance aux traitements et selon son dossier médical. Nous avons pu remonter à plus de 30 ans grâce au dossier médical des patients.

« L’idée est d’améliorer la prise en charge des patients en réduisant le temps de diagnostic, qui est en moyenne de 17 ans, sans parler du traitement, et les soigner de façon plus adaptée » conclut Damien Doolub.

Prix du Comité scientifique

L’équipe du Congrès de l’Encéphale a lancé un appel d’offre et propose un cahier des charges. Ensuite, avec l’aide des Pr Jaafari et Vibert, je présente un abstract (NDLR : Résumé d’un texte scientifique ou technique), qui doit être validé par le comité scientifique puis nous avons l’autorisation de présenter notre poster.

Lors du Congrès, la présentation se fait à l’oral mais dans le cadre de cette édition numérique, il s’agissait d’une séance « poster flash » avec 4 diapositives et quelques minutes pour présenter le poster (cliquer sur le poster pour le télécharger).

Cette année, il y a eu plus de 158 posters présentés. Seuls 4 sont retenus.

Le Dr Damien Doolub a obtenu le Prix du Comité scientifique.

L’annonce et la remise des prix a été faite à la cérémonie de clôture du Congrès de l’Encéphale.

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