« Les murs de la cour de la Prison étaient tristes … Tristes comme les patients qui en faisaient le tour ».
Impact de l’environnement sur des personnes en souffrance psychique
« Depuis longtemps, nous regardions ces murs, le plus long en particulier, celui où sont encastrées les pissotières, où nous n’arrivions à projeter aucun projet », introduit Vincianne NGom – ergothérapeute au SMPR.
Pourtant, les murs se sont progressivement agrémentés. L’administration pénitentiaire y a fait poser des barres fixes pour permettre aux patients de s’échapper par l’activité sportive, à répéter infiniment tractions et autres tours de biceps. Un banc également, pour se poser entre deux tours de promenade ou pour servir de table de belote.
Un projet fresque avait été proposé, mais il fallait trouver le financement. Le SPIP -Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation a finalement adhérer au projet et financé l’intervention d’un artiste, Bastien Giraud.
Les idées des patients ont été riches, il a fallu faire des choix. Finalement est née l’idée d’un diptyque mer-végétation. L’artiste a ébauché une version qui a servi de fil conducteur.
L’atelier thérapeutique, composé de 6 patients et 3 soignants s’est déroulé la semaine du 29 mars.
« Quatre après-midis intenses, chacun s’investissant à son rythme, autonomes pour la préparation du travail, le rangement. Tantôt avec prudence, tantôt avec hardiesse, mais toujours avec un plaisir non dissimulé, explique l’ergothérapeute.
Les participants ont eu le plaisir de voir cette œuvre commune prendre forme jour après jour, et ainsi laisser une empreinte, offrir à ceux qui restent un nouvel horizon pour adoucir leur peine.
 
Tous les patients et soignants de l’hôpital de jour ont été embarqués dans cette aventure qui a mobilisé bien au delà du cadre strict de l’atelier.
Pour finir, la fresque a été inaugurée le jeudi après-midi, accompagnée de gâteaux réalisés en culinothérapie.
« Depuis, on se promène dans la cour entre jungle et plage, le phare comme guide, et on compte sur la coccinelle pour nous porter chance » commente Josselin Giraud – infirmier au SMPR.
Rédigé par Vincianne Ngomet & Josselin Giraud