Cultiver un jardin pour le soin en géronto-psychiatrie

||Cultiver un jardin pour le soin en géronto-psychiatrie
Le jardin thérapeutique en geronto-psychiatrie

Juin 2017 a marqué la touche finale du projet d’aménagement du jardin thérapeutique du pavillon Cousin, au Centre hospitalier Laborit, symbolisée par la pose de la plaque de son généreux mécène : la Fondation hôpitaux de Paris – hôpitaux de France.

La subvention de 1 793 euros remise en 2014 par la fondation a depuis permis de transformer cet espace extérieur en un véritable lieu de vie et de soin.

2007 : ouverture du pavillon Cousin

L’aventure commence en 2007 : la fédération de géronto-psychiatrie s’organise avec une unité d’hospitalisation complète, un hôpital de jour et une équipe mobile de psychiatrie de liaison, réunis dans le pavillon Cousin. Aujourd’hui géré par le Dr Rolande Bouquet, il accueille des patients âgés de plus de 75 ans souffrant de troubles psychiques. Situé au cœur de la cité hospitalière du Centre hospitalier Laborit, le pavillon dispose d’un jardin orienté plein sud et bénéficie d’un ensoleillement maximal. L’entrée se fait directement depuis les larges baies vitrées de la salle à manger de l’unité d’hospitalisation complète, où les patients profitent pleinement de la vue et peuvent prendre leur repas en terrasse les jours de beau temps.

« Le jardinage se révèle être un excellent médiateur »

« Le jardinage se révèle être pour eux un excellent médiateur : beaucoup d’entre eux en ont fait l’expérience dans leur vie, et sont même de très bons conseils ! », observent les deux porteuses de projet, Christelle Douady, infirmière, et Véronique Paillou, assistante sociale. « Cette activité leur redonne confiance, amène la solidarité et libère la parole.  On en apprend souvent plus au jardin sur l’histoire de vie, les souvenirs anciens, que lors d’un entretien formel », analysent les professionnelles, qui retranscrivent leurs observations au jardin dans le dossier du patient.

2012 : une petite équipe de soignants se retrousse les manches

Au départ, le jardin du pavillon n’était pas un endroit investi. En 2012, l’équipe soignante, cadre et assistante sociale… décide de se retrousser les manches pour lui donner vie. L’objectif étant de mettre en place un « jardin-soins », véritable outil d’accompagnement du patient : un lieu de stimulations sensorielle et physique, un lieu de repos et d’échanges sociaux, un lieu d’activités inscrit dans le temps, un espace rassurant, un lieu de sensations renvoyant à des images, des symboles, des souvenirs… Dans lequel la présence des plantes vient induire des effets reposants et peut avoir des effets bienfaisants sur le stress, l’anxiété, voire sur les troubles de l’humeur.

Dans ce jardin, l’accessibilité est optimisée pour les personnes âgées, avec une rampe d’accès prévue pour les fauteuils roulants et des jardinières surélevées. Les patients sont libres d’y aller et venir, seuls ou en famille, lorsque le temps et leur santé le leur permettent. Des activités thérapeutiques y sont organisées chaque semaine en fonction des envies et des possibilités de chacun : jardinage, éveil des sens… Nourri par les dons (graines, boutures…), avec un précieux coup de pouce du service espaces verts et du service technique de l’hôpital, cet espace de verdure prend progressivement forme et s’anime au rythme des saisons et de la météo.

2014 : une subvention permet un réaménagement complet et adapté

En 2014, la fondation des Hôpitaux de Paris- Hôpitaux de France est sollicitée sur le projet d’aménagement du jardin. Elle répond favorablement en accordant une subvention de 1 793 euros grâce à la collecte de l’opération « + de vie », qui encourage des projets de structures accueillant des personnes âgées. Ce don, doublé par le Centre hospitalier Laborit, a permis d’acquérir du mobilier de jardin adapté et un parasol, mais aussi d’installer une fontaine un point d’eau.

« Le jardin est la plus belle pièce de l’unité »

« Le jardin est la plus belle pièce de l’unité. En donnant une ouverture, il modifie la perception d’enfermement que l’on a en psychiatrie », concluent les deux référentes, qui ne se lassent pas de faire germer les projets et s’apprêtent à suivre, en octobre, une nouvelle formation sur l’utilisation de l’osier dans un jardin de soins dans les réputés jardins de Chaumont-sur-Loire (41).

2017-10-16T12:42:04+00:004 juillet 2017|Soins|

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