Plus de 300 patients on été inclus dans l’Observatoire national de l’électroconvulsivothérapie (ECT), qui commence à produire des données intéressantes dans l’objectif d’actualiser les recommandations de prise en charge de cette thérapeutique dans la dépression et d’autres indications, selon une communication faite au Congrès français de psychiatrie, qui se tient virtuellement cette semaine.

En France, l’ECT est essentiellement indiquée dans les dépressions pharmacorésistantes et elle peut aussi être efficace dans d’autres pathologies psychiatriques, comme les troubles de l’humeur complexes pharmacorésistants, les troubles bipolaires et pour certains cas de schizophrénie. Aucun consensus national n’existe sur le meilleur type de prise en charge et il apparaît nécessaire de revoir les pratiques, les dernières recommandations datant de 1997, rappellent le Dr Diane Levy-Chavagnat du CH Laborit à Poitiers et ses collègues dans leur poster.

Un Observatoire national de l’ECT a été créé en 2017 pour mieux définir les différentes pratiques en France en vue de les harmoniser, ainsi qu’actualiser et améliorer ces recommandations. L’observatoire est proposé à tous les patients bénéficiant d’ECT et vise uniquement à recueillir des données de manière standardisée à partir du dossier médical.

Actuellement, plus de 300 patients ont été inclus par une quinzaine de centres parmi les 27 à qui il a été proposé de participer à l’observatoire.

Selon les données recueillies, ces 302 patients (157 en cure, 124 en traitement d’entretien) ont 57,3 ans en moyenne, avec une majorité de femmes (57% en cure et 65% en entretien).

L’indication principale est la dépression pharmacorésistante, pour 44,8% des patients, suivie par la mélancolie (19,5%) et, plus loin derrière, la schizophrénie résistante (9%), un état mixte (8,6%), une catatonie (5,2%) et un risque suicidaire (4,8%); les données sont manquantes pour environ 5% des patients.

Des antécédents positifs d’ECT sont déclarés par près de 20% des patients (18,3%).

Les comorbidités sont essentiellement endocriniennes (43,6%) et cardiaques (27,3%); d’autres pathologies neurologiques (10%), pulmonaires (9,1%), digestives (2,7%) ou autres (7,3%) sont retrouvées.

Deux appareils d’ECT sont utilisés: Spectrum* (Micromed), en majorité, à la fois sur la cure (66%) et le traitement d’entretien (77%), et Thymatron* (Somatics). Les stimulations sont très majoritairement bilatérales et bitemporales dans les deux cas (84% et 74%).

L’anesthésique le plus utilisé est le propofol (50 à 60%) et presque 100% des patients sont curarisés, « ce qui est très rassurant puisque c’est une pratique obligatoire », commente Halima Rakhila, attachée de recherche clinique au CH Laborit dans une présentation orale du poster.

Les effets indésirables retrouvés au niveau des cures sont essentiellement des troubles mnésiques (38%) et des céphalées (36%); en complications post-crise figurent une hypertension artérielle (32%) ainsi qu’à un moindre degré une bradycardie (12%) et une tachycardie (6%). Ces effets indésirables se retrouvent de manière similaire en entretien.

Les prémédications administrées sont essentiellement du paracétamol (21% en cure, 40,7% en entretien); un peu d’hydroxyzine, un tranquillisant, est également administré (2,3% en entretien).

Cet observatoire fournit des données quantitatives et qualitatives sur l’ECT en France et va pouvoir améliorer les connaissances et la recherche dans ce domaine, concluent les auteurs.

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