Dans sa rubrique « À ta santé » du 11 décembre dernier, Radio Pulsar a mis en lumière l’Équipe Mobile Psychiatrie Précarité (EMPP) du Centre Hospitalier Laborit, en donnant la parole à :
- Gérôme Gentile, cadre de santé
- Philippe Audouin, infirmier
- Damien Jude, éducateur
L’EMPP accompagne des personnes de 18 à 65 ans souvent éloignées des soins, en grande précarité, confrontées à des troubles psychiques ou des addictions.
Sa mission première est d’aller à la rencontre de celles et ceux qui ne demandent pas — ou plus — d’aide. Le défi principal est de créer une relation de confiance avec des personnes qui ont renoncé aux soins, vivent dans une grande précarité ou souffrent de troubles psychiques non suivis ou d’addictions. Beaucoup rencontrent également des obstacles sociaux majeurs : absence de logement, difficultés administratives, manque de ressources financières.
Pour instaurer ce climat de confiance, l’équipe commence souvent par aborder les maux somatiques : douleurs, fatigue, troubles du sommeil ou angoisses. Ces symptômes quotidiens deviennent une porte d’entrée vers un accompagnement relationnel, fondé sur l’écoute, la bienveillance et la compréhension du parcours de vie de la personne. Ce travail peut être long avant que les bénéficiaires puissent exprimer leurs souffrances psychiques, partager leur histoire ou accepter une orientation vers des structures de soins.
Chaque accompagnement est unique, façonné par le parcours de vie, la personnalité, l’expérience de marginalisation ou les refus d’aide. L’accompagnement est également freiné par de nombreux obstacles : éloignement géographique des structures de soins, coût et accès aux transports, absence de téléphone, ou méconnaissance du système de santé et des structures à disposition pour les plus fragiles.
Chaque jour, l’équipe mène donc un combat discret mais essentiel, en collaboration avec des partenaires locaux comme la Croix-Rouge, le Relais Georges Charbonnier, Le Toit du Monde, les missions locales et le Département de la Vienne. L’objectif étant de redonner une place, une écoute et un accès aux soins à celles et ceux que la société oublie trop souvent.