
« Diriger son attention d’une certaine manière : délibérément, au moment, voulu sans jugement de valeur », telle est la définition de la pleine conscience – ou mindfulness – donnée par Jon Kabat-Zinn. Ce Professeur émérite de médecine a fondé en 1979 aux Etats-Unis le courant principal de cette technique de méditation : la MBSR (mindfulness-based stress reduction), un programme de réduction du stress basé sur la pleine conscience.
Plus récemment, en 2002, une branche spécialisée de ce programme a été créée par une équipe de cognitivistes (Zindel Segal, John Teasdale et Mark williams) : la MBCT (mindfulness-based cognitive therapy), une thérapie cognitive basée sur la pleine conscience pour la prévention des rechutes dépressives. La pleine conscience est réputée atténuer le stress et les affects négatifs, mais aussi favoriser l’épanouissement de qualités positives telles que le bien-être, la vitalité et les capacités d’adaptation.
Le mindfulness permet de diminuer les traitements
Au CH Laborit, le Centre d’écoute, de consultations et d’activités thérapeutiques (CECAT) propose aux patients qui le souhaitent de participer à des groupes de méditation pleine conscience : MBSR pour les personnes souffrant de troubles anxieux et/ou de symptômes liés au stress, MBCT pour les patients ayant connu au moins trois épisodes dépressifs, en phase de rémission, le but étant d’éviter la rechute dépressive. Chacun des deux programmes, dont l’efficacité a été prouvée par des études cliniques*, se déroule en huit séances de 2h30 toutes les semaines, par groupe de huit patients, avec des pratiques de pleine conscience à observer quotidiennement (exercices corporels, respiration, méditation, etc.). La mindfulness est aussi efficace qu’un traitement antidépresseur utilisé à dose de maintien et/ou permet la diminution des traitements psychotropes.

La salle de méditation du CECAT
Pratique et persévérance, gages de réussite
Au CECAT, le Dr Sylvie Péron, formée à la thérapie cognitive de la dépression, Valérie Mazin, infirmière, et Laurence Huet, professeur de tai-chi à La Rochelle, sont formées à l’instruction de la méditation, qu’elles pratiquent depuis de nombreuses années. « Ces programmes demandent un investissement quotidien aux participants : pour être vraiment bénéfiques, ils nécessitent pratique, persévérance et patience. C’est pourquoi chaque patient reçoit des supports audio, un programme de travail à la semaine et des relevés d’expérience à compléter pour l’accompagner dans sa démarche personnelle », appuie Valérie Mazin, infirmière au CECAT.
En dehors de ces programmes, un groupe de méditation d’une heure toutes les deux semaines est ouvert à toutes les personnes ayant participé à l’une des sessions, afin d’entretenir une pratique régulière sur la durée. L’an passé, un séjour de trois jours a été proposé en gîte pour aider les patients à intégrer la pleine conscience dans chaque moment du quotidien. Devant le succès de cette expérience, il sera reconduit cette année.
* The effect of mindfulness-based therapy on anxiety and depression : a meta-analytic review, Stefan G. Hofmann, Alice T. Sawyer, Ashley A. Witt, Diana Oh, J Consult Clin Psychol 2010 Apr. ; 78(2) : 169-183.